La cérémonie officielle de la 109e édition du Gamou de Pire a pris une tournure purement politique, avec le « ndigueul » donné par le Khalif en faveur de Me Wade. En effet, après avoir indiqué le rôle joué par Pire dans l’accession de Me Wade au pouvoir en 2000, il a déclaré à propos des prochaines joutes électorales « nawoon, fawoon ».
A la tête d’une délégation comprenant les ministres d’Etat, Aïda Mbodj et Mamadou Diop Decroix, la ministre Ngoné Ndoye, représentant le Chef de l’Etat à la 109e édition du Gamou de Pire, Me Ousmane Ngom ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur a demandé aux chefs religieux de prêcher partout la paix, devant la crise économique, financière et sociale qui secoue le monde de façon générale. Le pire, pour le Sénégal, a-t-il indiqué, c’est qu’il s’agit d’une crise morale. C’est pourquoi Me Abdoulaye Wade investit la moitié du budget national dans les secteurs clés de l’éducation et de la santé, pour que les Sénégalais aient « un esprit sain, dans un corps sain ». Mais, dit-il, il faut aussi l’apport des chefs religieux pour imprimer la réussite à la démarche car leurs messages atteignent le cœur et l’âme des fidèles, alors que ceux du temporel s’arrêtent à l’intelligence. « Le message des chefs religieux est attendu et il est même impératif », a soutenu Me Ousmane Ngom qui leur a demandé d’élever la voix pour un changement de comportement, afin qu’émerge un nouveau type de sénégalais. Pour Serigne Moustapha Cissé Khalif de Pire, il est temps de restaurer les valeurs sacrées de l’islam car, actuellement, des comportements inacceptables sont monnaie courante au Sénégal. Il s ont pour noms, entre autres, agression verbal, médisance, mensonge. Or, dit-il, il urge d’éviter tout ce qui peut raviver les tensions politiques qui peuvent induire des conséquences fâcheuses pour notre pays. A la demande de prières formulée par Me Ousmane Ngom pour des élections apaisées et une victoire de Me Wade, le Khalif a donné une réponse qui dépasse certainement les attentes du ministre. Se référant aux résultats de la présidentielle de 2000, qui a consacré l’accession de Me Abdoulaye Wade au pouvoir, le Khalif a déclaré : « Pire nawoon, fawoon ». Mieux, il a donné sa position sur le débat autour de la recevabilité de la candidature de Me Wade. C’est pour « la valider » en attendant le verdict du Conseil constitutionnel. Selon lui, « ceux qui disent que Me Wade ne doit pas se présenter, n’ont aucun droit pour le dire ». Youssou Ndour, présent à Pire en tant qu’invité d’honneur du gamou, n’a pas manqué de lancer une pierre dans le jardin du pouvoir, même s’il n’a pas assisté à la cérémonie. Il a indiqué que la paix a un prix et qu’il appartient d’abord à ceux qui sont chargés de l’appliquer de s’inscrire dans la dynamique et de prendre leurs responsabilités. Il a en outre annoncé la tenue d’assises de son mouvement « féké maci bollé », pour décliner le chemin politique à emprunter à partir du 2 janvier
Kader KANE
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