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MUSIQUE : PAPA SOW DJIMBIRA : Pour le retour aux principes fondamentaux de l’Islam

Publié le 2 novembre 2011 à 21h12

Il est jeune et intellectuel, très au fait des Nouvelles technologies de l’information et de la communication. Mais, loin de se laisser entraîner par les tendances de sa génération, il a préféré s’investir dans la voie de la religion, en usant d’un des moyens les plus attractifs pour la jeunesse : la musique. En effet, utilisée à bon escient, celle-ci peut servir à remettre ses amateurs sur le droit chemin.

Papa Sow Djimbira est jeune et très au fait des évolutions modernes du monde actuel, mais il a choisi de s’inscrire dans la voie religieuse, notamment à travers la musique. Ce jeune cadre, responsable du service informatique de l’Agence de régulation des marchés (Arm) et qui dirige sa propre agence de communication, a pris le parti d’appeler les populations, notamment les jeunes de sa génération, à un retour aux principes fondamentaux de l’Islam.

Selon lui, « la jeunesse Sénégalaise est de plus en plus versée dans la débauche. Alors, nous essayons, par les sonorités spirituelles, de l’inviter à mieux s’imprégner des valeurs culturelles et cultuelles de l’Islam. Lorsque la jeunesse d’un pays s’adonne à des pratiques obscènes et à la perversion, il faut une conscience politique collective, pour la remettre sur le droit chemin. La musique islamique pourrait y aider ».

C’est dans cette lancée que M. Sow vient de publier, en compagnie de son groupe, dénommé Nourou Salam (La lumière de la paix), son deuxième album de six titres intitulé « Yâ Ibâdallah » (se repentir et revenir à Dieu) qui est aussi un hommage à son oncle, A’Seydi Cheikh Mame Mory Djimbira, le chanteur de « Karballa », bien connu dans le milieu de la musique spirituelle Khadre. Le premier album, sorti en 2003, portait le titre de « Lakal Hamdou wa choukrou ».

Pour illustrer sa musique, M. Sow a jugé bon de mettre en exergue l’instrument le plus usité en milieu Khadre : les « tabalas » (tambours). Selon lui, le « tabala » est un instrument d’emprunt de la culture maure. C’est en 1917, suite à la disparition de Cheikhna Cheikh Saadbou, que son disciple Cheikh Mohamed Djimbira s’est vu confectionner deux « tabalas » par ses filles, Nafissatou et Salamouheu, en guise de reconnaissance pour le taureau que le cheikh avait offert pour la cérémonie du 8e jour du décès de son guide spirituel. Ces instruments qui servaient à annoncer l’apparition du croissant lunaire pour les fêtes religieuses ou la venue d’une illustre personnalité à Djimbira (département de Kébémer), sont, par la suite, passés dans les chants Khadre du Sénégal, lors des veillées religieuses. Donc, M. Sow, surnommé « Prince des talabas », a hérité de cet instrument. C’est à l’âge de 13 ans qu’il a commencé à chanter, accompagné de ces percussions. Mais, si pour son premier album, produit sous le format classique (avec uniquement des tabalas), pour le nouveau, il a pris l’option d’apporter une innovation, en y introduisant des instruments dits profanes, tels que la guitare, la flûte, le violon, le piano, la kora, etc. Cette option a pour objectif de mieux intéresser les jeunes à la musique islamique, et plus particulièrement aux sonorités Khadre. Il s’agit aussi de les habituer à utiliser des expressions plus pudiques que celles qu’on a l’habitude d’entendre. Par exemple, le mot « Salam », d’autant que « toutes les religions révélées prônent la paix qui est innée en nous. Il suffit que nous mettions de côté notre hypocrisie et que nous extériorisions ce que nous avons de bien en nous, pour que la paix règne dans le monde », indique le jeune artiste.

A l’école déjà, il avait intégré le foyer socio-éducatif. Brillant élève au lycée, il obtient le baccalauréat et s’inscrit au département de philosophie de l’Université Cheikh Anta Diop, tout en tâchant d’approfondir sa maîtrise des textes sacrés.

Dans une musique limpide et accompagné de chœurs, Papa Sow Djimbira loue Dieu et le prophète de l’Islam (PSL) dans diverses formes. L’un des tubes, « Allâhou Rabbi », a été composé pour le sommet de l’Organisation de la conférence islamique (Oci) qui s’était tenu à Dakar, en 2008. Selon le jeune chanteur, les chœurs étaient assurés par près de 200 personnes. C’est par la suite que l’association « Les voix dédiées au Prophète Muhammad (Psl) », qui regroupe cent membres, a été créée, et dont il est le président. Ce morceau montre les attributs de Dieu, tout en Le remerciant. « Tâla al Badrou » est une chanson qui a été interprétée par les jeunes filles de Médine pour accueillir le Prophète Muhammad (Psl), lorsque celui-ci a quitté La Mecque. Les chanteuses étaient alors accompagnées de « tabalas ». Histoire de montrer que cet instrument a marqué son temps dans la musique islamique.

Quant à « Karballa » (chanté en A Capella », il relate la célèbre bataille éponyme.

Papa Sow DJimbira qui a pris part à de nombreux concerts au Sénégal et qui a animé des veillées religieuses en France et en Italie, souhaite organiser un grand événement religieux, qu’il appellera « Les tabalas de minuit », tout en espérant que celui-ci sera inscrit dans l’agenda culturel national. Il interpelle le ministre de la Culture, pour une meilleure prise en charge des sonorités religieuses islamiques.

PAR DJIBRIL BA

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