Le groupe Mots V Esprit, vient de mettre sur le marché son premier album. Intitulé « Yalla mba touss » (Dieu ou rien) cette nouvelle production comporte 15 titres, avec des textes faits à base des sonorités africaines. Les membres de ce groupe sont revenus sur le parcours du combattant qu’ils ont fait avant d’en arriver là.
Annoncé en 2006, l’album du groupe Mots V Esprit est finalement sorti hier. Ce retard est dû au fait qu’il y a un incident qui s’était produit. Un court-circuit a effacé la mémoire du disque dur où était enregistré tout le travail qu’ils ont eu à abattre. Au lieu de se décourager, les membres de ce groupe se sont armés de foi, et ont continué de travailler jusqu’à produire l’album qui est sorti 5 années après. « Nous avons peiné pour sortir cet album, malgré ce qui nous est arrivé, nous avons cru au destin, et nous nous sommes armés de patience, parce que nous savons que c’est cela qui est au bout de l’effort », lance Mistic Cham, un des membres du groupe. Dans cet opus, ces 6 amis qui forment Mots V Esprit traitent de thèmes sociaux comme la réalité du ghetto dans lequel vit la majeure partie des jeunes, mais aussi, des problèmes d’inondations auxquels sont confrontés les habitants de la banlieue, entre autres. C’est avec des sonorités purement africaines que Mistic et ses camarades ont concocté les 15 titres de cette première production, avec l’utilisation des instruments comme la kora, le tam-tam... cette innovation est saluée par leurs aînés qui étaient venus les encourager. Malal Talla du groupe Bat Haillons Blindé trouve cette initiative très originale, du moment où les membres du groupe ont joué la carte de l’enracinement : « Il est important d’identifier son album par les sonorités du pays et les instruments du pays, et ce sont des éléments que l’on retrouve ans cet album ». Abondant dans le même sens, Thiat du groupe Keur Gui de Kaolack dira : « Cet album est du jamais vu, cela constitue une fierté, et c’est une fierté pour le rap Sénégalais ; c’est l’un des rares groupes à avoir axé leur sujet sur les réalités du pays ». Même son de cloche chez Simon du Groupe Bisbi Clan. « C’est vraiment un album que nous attendions tous, par rapport à la richesse des textes ». A-t-il déclaré. Les membres de ce groupe se disent très engagés, mais veulent apporter un souffle nouveau au mouvement hip-hop Sénégalais. Ils se sont approprié l’adage qui dit que, charité bien ordonnée commence par soi-même, raison pour laquelle ils préfèrent sensibiliser les jeunes qui sont au chômage, au lieu de s’attaquer au régime, comme le fait la quasi-totalité des rappeurs. « Avant de fustiger les membres du gouvernement ou bien le système en place, mieux vaut commencer par sensibiliser les jeunes au niveau des quartiers », lance Mistic Cham. Avant de prôner l’industrialisation du rap, parce que, conclut-il, « le rap ne nourrit pas son homme ».
Ndèye Mariama K. Saleh
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