Wade a procédé, hier, à un énième réaménagement ministériel. L’équipe gouvernementale a été ainsi renforcée par deux « nouveaux » entrants. Et, aucun ministre n’a été limogé. Mais, cette opération n’a pas secoué des opposants du régime interpellés sur la question. Aboulaye Bathily et Seydou Guèye évoquent plutôt « une banalité » qui ne saurait noyer le combat contre une troisième mandature de Wade.
Annoncé depuis plusieurs semaines déjà, un réaménagement ministériel est intervenu dans la journée d’hier. Énième opération du genre, cette retouche intervient à quelques semaines de la présidentielle de février 2012. Elle consacre deux « come-back » et quatre transpositions. Ainsi, le Pr Moustapha Sourang retrouve le ministère des Forces Armées et conserve son rang de ministre d’Etat. Son prédécesseur à ce poste, Bécaye Diop, hérite du ministère de l’Urbanisme et de l’Assainissement, avec rang de ministre d’Etat. Dans ce même cadre, Hamath Sall retrouve le département de l’Agriculture, où il remplace le très « controversé » Khadim Guèye (voir par ailleurs). Ce dernier est affecté au ministère de la Fonction Publique et de l’Emploi. Subséquemment, il hérite d’un pan de la compilation « Sports-Fonction Publique-Emploi », jusque-là gérée par Abdoulaye Makhtar Diop. Ce dernier devient à son tour ministre d’Etat, ministre des Sports ; fonction qu’il assurait depuis le limogeage de Faustin Diatta. Parallèlement, les autres membres de l’attelage conserve leurs statuts. Ainsi, l’équipe gouvernementale s’en retrouve renforcée avec deux « nouveaux » membres qui siègeront au Conseil des ministres. C’est dire que le président Wade ne semble pas préoccupé par les attaques répétées de ses adversaires politiques qui dénoncent encore la « pléthore » de ministres. Et, sans doute pour ne pas faire face à un lever de boucliers de certains militants, à 79 jours de la présidentielle, il ne s’est pas « aventuré » à limoger un tel ou un tel autre ministre. Néanmoins, il devra faire face à ses rivaux de toujours, nichés dans la masse de l’opposition. Déjà, interrogé sur ce énième réaménagement, Abdoulaye Bathily parle d’une « banalité qui ne mérite pas de perdre sa salive ». Cet avis est partagé par le porte-parole de l’Alliance pour la République (Apr). Ce dernier a estimé qu’avec le président Wade, « le réaménagement gouvernemental, qui ne promeut que certaines personnes, est toujours sans incidence sur la souffrance des populations ». Mais, Seydou Guèye va plus loin. À son avis, « malgré les artifices, le combat de l’opposition sera de manière indéfinie, mené contre la candidature du président Abdoulaye Wade ».
Mansour Ndiaye
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