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Disparition de Serigne Mbacké Sokhna Lô
Vie et œuvre de l’homme Historique de Taïf et Baïla
 
L’après midi du mercredi dernier, sera un moment inoubliable pour les pauvres et les orphelins. Car, le bienfaiteur, fils d’un bienfaiteur et petit-fils d’un autre bienfaiteur s’en est allé à la pointe des pieds. Serigne Mbacké Sokhna Lô, est allé rejoindre ses parents au Paradis. L’œuvre de cet homme, l’origine des deux villages auxquels sa famille est liée, sont épluchés ici à notre manière participer à la compassion. Serigne Mbacké Sokhna Lô était le point de convergence de toutes les qualités de son illustre ascendant Serigne Cheikh Gaïndé Fatma. Il s’agit en premier lieu, de la rigueur intellectuelle et du sens de la discipline. Cependant, un esprit moins averti y verrait quelques
 

dissemblances entre le père et le fils. Or, il n’y en a guère. Peut-être que Serigne Cheikh Mbacké était ferme, craint et respecté alors que Serigne Mbacké était ouvert. Mieux, il était très ouvert pour certains esprits naïfs. Ce qui était, à l’origine, sujet à des dérives. Toutefois, ces erreurs étaient vite dissipées par l’intransigeance du saint-homme lorsque les écarts atteignaient le seuil de la tolérance. Serigne Mbacké Sokhna Lô était un brillant érudit, polyglotte et pluridisciplinaire à l’image de son père Gaïndé Fatma (bachelier français à 40 ans). Au plan des connaissances ésotériques, Serigne Mbacké Sokhna Lô était aussi inégalable. Mais tout cela était dissimulé par une jovialité débordante. Selon divers témoignages, Serigne Mbacké Lô était un «don de Dieu», tellement ses prières étaient exhaussées. Cette force cachée de Serigne Mbacké Sokhna Lô se comprenait facilement, car son grand père, Serigne Mouhamadou Moustapha Mbacké, très proche de Cheikh Ahmadou Bamba, fut illuminé par la lumière de Khadimou Rassoul. Rappelons qu’entre Serigne Mbacké Sokhna Lô et Serigne Saliou Mbacké, régnait une complicité sans faille.
Historique de Taïf
Taïf a été porté sur les fonts baptismaux en 1939. La création de ce village entre en droite ligne avec les recommandations de Serigne Touba à son fils aîné, Mouhamadou Mopustapha Mbacké. Avant sa disparition en 1927, le cheikh avait formulé quatre vœux qui devaient être satisfaits par son fils aîné.
- Assister ses frères comme si leur père n’avait pas disparu
- Ne laisser aucun blanc mécréant s’approcher de sa dépouille lors du service mortuaire
- Commémorer un Magal en l’honneur de Touba
- Construire la grande mosquée de Touba
Toutes ses recommandations furent suivies à la lettre. Pour la réalisation du dernier objectif, le marabout élabore une stratégie pour trouver les moyens financiers car c’était l’époque de grande guerre. C’est ainsi qu’il se lance dans l’exploitation agricole. Un dimanche du mois Rajab en 1939, Serigne Mouhamadou Moustapha convoque 12 daaras à Touba et leur donne l’ordre de partir des localités de Boundou Yeri et de Danki qui marquent les frontières actuelles de Taïf. Le nom d’origine de la localité était Ngesse All. Dans cette terre, rien ne poussait, avaient dit les riverains à Serigne Mouhamadou Moustapha Mbacké. Cependant, en mettant à contribution sa grande science mystique et armé des bénédictions de Khadimou Rassoul, il entreprit de coloniser l’espace. Au bout d’une semaine, après la possession des terres par les «diawrignes,» 2 (deux) cases y furent construites. Au quinzième jour correspondant à un mardi, le site fut visité par serigne Mouhamadou Moustapha. Le lendemain, il fut rejoint par son frère cadet, Serigne Fadilou Mbacké. À la question de savoir quel nom donner au fief, ce dernier lui répond que l’endroit n’était encore baptisé et qu’il était le bienvenu pour lui en trouver un. C’est ainsi que Serigne Fadilou dira que le lieu s’appellerait désormais Taïf du nom d’une cité de l’Arabie Saoudite, le refuge des démunis et des orphelins ; pour ceux qui ont de l’espoir et pour ceux qui ont peur. À la disparition du Serigne Mouhamadou Moustapha Mbacké en 1946, son fils aîné, Gaïndé Fatma marquera d’une œuvre indélébile l’architecture et la vocation de Taïf. Serigne Mbacké Sokhna Lô qui reviendra à Taïf en 1978, date marquant la disparition de Gaïndé Fatma y met sa touche personnelle tournée vers le modernisme. Ce paysage digne de l’époque des abassydes est sans conteste le symbole d’un art de vivre, dont l’architecture n’en est qu’une des projections
Baïla
Ce village est fondé en 1943 par Serigne Mouhamadou Moustapha. À l’époque, il y avait à cet endroit un étang du nom de Mbéla. Le saint homme suggéra à ses talibés de le baptiser ainsi en s’inspirant de l’étang et de Casablanca. Ainsi, Baïla devint Dar El Baïda ou maison blanche. La déformation wolof de la lettre arabe « â» empêchera l’évolution du nom de Dar El Baïda pour ne devenir Baïla.

Par Moustapha Sow (source Touba magazine)


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